Chapitre 34: Tourner la page

Publié le par Castiel- Chloé fiction AS

Louise monta furieuse dans sa chambre, tandis que nous restions sans voix au salon. La soirée avait prit une tournure désastreuse. Nous avions toute la tête basse, et le moral à -50. Nous restions là, assis dans le canapé, ou alors debout devant l’âtre comme Rosa. Cette dernière broyait clairement du noir. Entre Guillaume et Leigh qui s’était énervé contre elle. On aurait dit que c’était un nouveau Leigh qu’elle avait découvert ce soir. Annick monta à l’étage, surement pour aller voir Louise. Keycie vint près de moi, et vint me poser des questions sur notre ami disparu, et la réaction de Louise. Évidemment qu’elle devait être perdu. Elle ne les connaissait que depuis cette semaine, alors elle ne devait pas tout comprendre. Je tâchai donc de lui expliquer clairement ce que je savais, et Nath rajouta quelques éléments.
Finalement après une bonne heure, Leigh redescendit au salon. Il nous adressa un léger signe de tête avant de se diriger vers sa petite-amie. Elle ne l’avait pas entendu, et ne se doutait pas qu’il était là. Il arriva par derrière et la prit dans ses bras. Je lui vis lui murmurer des choses à l’oreille. Il devait surement s’excuser. En tout cas, à la fin, Rosa se retourna vers lui, les larmes plein les yeux, et se blottit dans ses bras. Ils restèrent comme ça de longues secondes, avant qu’ils ne se prennent la main et ne montent à l’étage.
Il ne restait plus que Keycie, Nath, Castiel et moi au salon. Nous étions tous les quatre muets. Que pouvions-nous nous dire ? Tout avait déjà été dis. Castiel avait une bouteille à la main, et buvait directement au goulot. Il la proposa à Nath, qui la prit et but aussi un coup. Elle arriva ensuite à Keycie, puis enfin à moi. Me rappelant que l’alcool et moi ça ne faisait pas un très bon ménage, je ne bus qu’une seule gorgée. Je fis une grimace. Je ne pensais pas que ce serait si fort. J’eus un peu mal à la tête, mais ça passa.
Moi : On devrait aller se coucher. Il ne se passera plus rien ce soir.
En disant cela, je me levai. Nath, fit de même, et nous finîmes par tous partir vers l’escalier. Quand tout le monde fut arrivé en haut, j’éteignis la lumière en bas. Je gravis les marches machinalement, sans conviction, comme un robot. Une pensée me vint soudain. Si Guillaume avait vraiment été emporté, jamais il ne passerait la nuit. Cette pensée me fit mal au cœur. J’arrivai en fin sur le palier. Je me dirigeai vers ma chambre, quand une main me happa au passage, et m’emprisonna dans ses bras. Je n’avais même pas besoin de m’interroger sur la personne qui avait fait ça. Je savais de qui il s’agissait. Je lui rendis son étreinte, et nous restâmes ainsi. Nous ne nous dîmes rien. Ce câlin nous suffisait à partager nos pensées. Puis, il me relâcha, toujours sans un mot, et nous regagnâmes nos chambres respectives. En arrivant dans la mienne, les volets étaient ouverts, laissant entrer la lumière de la lune à l’intérieur. Nath était assis sur son lit, je fis de même. Je n’avais ni l’envie ni la force d’aller me mettre ne pyjama.
Nous restâmes un long moment silencieux, jusqu’à ce que je décide finalement de briser le silence.
Moi : Tu en penses quoi toi ?
Nath : Les chances sont très faibles. Pour en avoir déjà vu une de mes propres yeux, une avalanche est extrêmement violente. Déjà que les chances de survie sont d’ores et déjà faibles, les premières heures sont déterminantes. Personne ne peut rester indéfiniment sous plusieurs couches de neige. Déjà parce qu’il mourrait de froid, puis par manque d’oxygène.
La réalité me sauta à la figure. Ce que venait de dire Nath, était pragmatique, mais condamnait notre ami. Seul un miracle pourrait le sauver.
Moi : Ce sera pas pareil sans lui.
Nath : C’est sur qu’il n’y en a pas deux comme lui pour mettre l’ambiance. Ce sera dur, mais avec le temps, son absence sera plus… supportable. Mais jamais on ne l’oubliera.
Je sentis une larme perler sur ma joue. Puis une seconde. Je les essuyai avant me glisser sous mes couettes. Je mis du temps à m’endormir. Quand j’y parvins, je fis une nuit sans rêve.
 
Le lendemain, nous dûmes faire à contrecœur nos bagages. C’était la fin du séjour à la montagne, et le début du deuil. Nous avions eu un appel de la station. On nous apprit que les recherches se poursuivaient, mais que toujours aucun corps n’avait retrouvé. La zone était grande, et la masse de neige importante, rendant les recherches compliquées.  Mais nous n’avions plus, le choix. Nous devions partir. Ce départ qui était censé se faire dans la bonne humeur, se passa tel un enterrement. Nous n’échangeâmes presque aucune parole.
Lorsque le père de Nath arriva en début d’après-midi, il fut surpris de nous trouver dans un tel état. Nous qui au début du séjour ne tenions pas en place, étions maintenant aussi muets que des carpes. Il ne fit aucune remarque, et nous chargeâmes les bagages dans les voitures. Pourtant, à un moment, il s’arrêta, et nous regarda attentivement.
Père Nath : Il ne manque pas quelqu’un ?
En entendant ça, nous baissâmes tous la tête. Il venait de nous faire rappeler ce que nous cherchions tous à refouler au plus profond de nous même. Aucun n’avait envie de dévoiler l’horrible vérité, mais Nath, dû le faire comme il s’agissait de son père.
Nath : Viens, je vais t’expliquer
Père et fils partirent à l’écart, tandis que nous continuâmes de charger les voitures en silence. Nous évitions tous de nous regarder dans les yeux. La seule qui, contre toute attente semblait la moins atteinte, c’était Louise. Elle s’était persuadée que Guillaume n’était pas mort, qu’il avait juste disparu, mais qu’il allait bien. Elle disait que quelqu’un avait dû le retrouver et s’occupait de lui, et que quand il irait mieux, il reviendrait. Nous tentions tous alors de faire bonne figure et d’essayer d’y croire aussi. Mais pourtant, une part de nous savait que notre ami ne reviendrait pas.
Quelques minutes plus tard, Nath et son père revinrent. Ce dernier ne dit rien, et rapidement, nous eûmes finit de charger. Nous rentrâmes à l’intérieur ranger rapidement la maison, éteindre toutes les lumières, couper l’électricité et l’eau, éteindre les poêles. Quand tout fut éteint, nous embarquâmes, et quittâmes le chalet, puis la ville. Direction Sweetyville.
Tout le trajet ce fit en silence. Personne ne parla. Seule la radio meublait le vide. J’avais écouté tout du long ma musique, et avait fait un petit somme. Bientôt, la campagne remplaça la montagne. Puis la ville remplaça la campagne. Enfin, nous arrivâmes dans notre petite ville. Je revis la grille du lycée, la boutique de Leigh, puis enfin la grande villa de Rosa, où nous nous garâmes. Chacun prit ses bagages, salua d’un simple signe les autres, avant de rentrer chez lui.
Je pris le chemin de ma maison, le moral dans les chaussettes. Mais bizarrement, revoir la façade ma maison, me fit du bien. J’avais l’impression que j’allais pouvoir laisser derrière moi toute cette histoire, et reprendre une vie normale. En ouvrant la porte d’entrée, j’eus plaisir à sentir l’odeur de mon chez moi. Oui, ça sentait moi. Je rentrai à l’intérieur et posai ma valise, et me dirigeai vers le canapé, sur lequel je tombai comme une enclume. Enfin un peu de repos. Je fermai les yeux, et laissai mon esprit vagabonder.
Quand soudain, des mains se posèrent brusquement sur mes yeux, me faisant lâcher un cri. Je commençai à gigoter dans tous les sens, quand on m’agrippa les poignets pour m’empêcher de bouger. La peur s’empara de moi. Quand soudain, une voix derrière mon oreille se fit entendre.
… ?: Qui c’est ?
Cette voix. Je ne la connaissais que trop bien. En l’entendant, ma peur s’en alla d’un coup, pour laisser place à une immense joie. Je réussis à dégager mes poignets et enlevai les mains de sur mes yeux. Et la je vis une tête que je n’avais pas vu depuis trop longtemps.
Moi : PAPA !
Je me jetai dans ses bras, et il me rattrapa en rigolant. Je me jetai ensuite au cou de ma mère.
Moi : Enfin vous êtes là !
Maman : On t’avait dis qu’on viendrait. Tu n’avais pas vu la voiture dehors ?
Moi : Nan, j’avais pas fait gaffe. Vous m’avez fait une de ces peurs.
Papa : De toute façon il en faut pas grand chose pour t’effrayer x)
Moi : Oh ça va
Maman : Et sinon tes vacances ? Tu reviens de chez ton amie c’est ça ?
Moi : Oui
Maman : Raconte-nous ! Ça s’est bien passé ?
Moi : Heu…oui et non
Rien qu’à y repenser, ma bonne humeur repartie aussi subitement qu’elle était venue. Nous nous assîmes dans le canapé, et je leur racontai mon séjour à la montagne. Je leur dis que Keycie que s’était bien intégrée, la journée ski, du réveillon, de Noël, du laser-game et de tous les autres trucs qu’on avait fait. J’omis par contre de parler du passage dans la salle de bain avec Castiel, ça aurait pu m’attirer des problèmes et des regards louches de la part de mes parents. Puis enfin, de la disparition de Guillaume. Cela jeta un petit froid, mais mes parents surent me réconforter, en disant que tout était possible, et qu’il restait de l’espoir tant qu’il n’aurait pas été retrouvé. Mouais, j’y crois pas trop, mais bon.
Moi : Enfin, changeons de sujet ! Vous êtes la jusqu’à quand ?
Papa : On repart le 2.
Moi : Une même pas une semaine quoi :(
Maman : C’est toujours mieux que rien 
Moi : Mouais…
Papa : Ça vous dit demain on va se balader ?
Moi : Ah non hein ! Vous vous baladez toute l’année, alors vous allez pas recommencer maintenant.
Papa : Je rigolais, ça va. Bon qu’est-ce qu’on mange, je meurs de faim ?
Maman : Je cuisine ! Depuis qu’on est partie, je n’ai eu que de très rares occasions de le faire, et j’avouerai que ça m’a manqué
Aussitôt dit, aussitôt fait. Ma mère se précipita à la cuisine et nous prépara un bon petit plat. Les revoir me fit le plus grand bien. Quatre mois sans les voir, ça avait été vraiment très long. Et même s’ils étaient là juste pour quelques jours, je comptais bien en profiter au maximum.
Le lendemain, je partis faire un peu de shopping avec ma mère. C’était assez marrant je dois dire. Elle prenait des tenues assez bizarres que me faisaient marrer. Puis, le soir, nous partîmes avec mon père nous balader au parc. Oui, j’ai dit qu’on ne se baladerait pas, mais bon, avec mon père, c’est impossible. D’ailleurs, il avait décidé que demain, nous partirions pour les falaises qui se trouvaient à une cinquante de kilomètres. Et quand mon père décide un truc, impossible de le contredire, sauf quand ma mère s’y oppose. Sauf que cette fois, ma mère était avec lui. Génial -_-
Nous partîmes donc dans la matinée, avec une glacière, pour manger sur place. J’ai bien boudé dans la voiture. Nan parce que moi, marcher pour marcher, ça n’a aucun sens. Mais par exemple, marcher pour faire du shopping, ça a du sens ^^ Enfin bref, nous nous promenâmes quasiment toute la journée. Mon père prenait des photos, tandis que je discutais avec ma mère. Elle me raconta leurs nombreux voyages et découvertes. Les monuments, palais, jardins, sites historiques, animaux que ma mère me décrivaient me fascinaient. Ils avaient vu tant de choses en si peu de temps. C’était absolument incroyable. Après, je fis une course avec mon père au bord de la falaise. Pas la peine de vous dire le nom du vainqueur. Moi évidemment ^^ (LOOOOOOOOOOOLL). Nous rentrâmes le soir, lessivés.
 Alors que j’allais à la douche, je reçus un sms.
« Bonsoir, nous sommes Mr. et Mme. Rogers, les parents de Guillaume.
Lors d’un séjour  à la montagne, notre fils a disparu. Nous n’avons depuis aucune nouvelle de lui, mais tout porte à croire qu’il aurait été emporté par une avalanche, et serait mort.
Nous avons organisé une soirée commémorative, qui aura lieu demain après-midi à 17h à l’église de Sweetyville.
Votre présence sera la bienvenue. »
Ce sms me replongea dans la réalité. Celle où j’avais un ami porté disparu, et surement mort. Je prévins rapidement mes parents de la nouvelle. Ils me donnèrent leur accord pour y aller.
 
J’étais devant mon dressing, et cherchai quelque chose à me mettre pour la soirée. Je tombai finalement sur ma robe noire. Elle était sobre mais élégante. Elle était parfaite pour l’occasion.
Lorsque j’eus finis de me préparer, j’eus l’impression d’aller à un enterrement. Mais en fait, c’était bien ce que c’était. Les parents de Guillaume avaient juste choisis d’aller ça une « soirée commémorative » pour rendre ça moins tragique.
Mon père m’amena à l’église, où il y avait déjà pas mal de monde. On aurait dit qu’une grande partie de la ville était là. En même temps, Guillaume était né ici, donc à peu près tout le monde le connaissait. Ce drame touchait donc la ville entière. J’aperçus un peu plus loin Annick, que je m’empressai d’aller rejoindre.
Annick : Ah t’es là !
Moi : Oui. Tu sais si les autres vont venir ?
Annick : Rosa va venir mais sans Leigh. Elle m’a dit qu’il ne se sentait pas capable d’affronter sur seconde fois les parents de Guillaume. Il se sent responsable de sa mort.
Moi : Le pauvre. Et les autres ?
Annick : Je ne sais pas pour Keycie et Castiel, mais je sais que Nath doit venir. Quant à Louise, elle ne viendra pas. Tu sais que pour elle, il n’est pas mort.
Moi : Oui. Tu connais les parents de Guillaume ? Parce que moi non
Annick : Oui, viens
Elle m’entraina entre les gens, en salua quelques uns au passage. Enfin, nous vîmes un couple, qui était entouré de personnes. Il devait s’agir des parents de notre ami. La mère, semblait puiser dans ses forces pour pouvoir rester debout et faire face. Mais elle faisait bonne figure en esquissant un sourire à chaque personne qui venait la voir. Le père lui, prenait les devants, et conversait avec les gens venus les voir. Quand la mère vit Annick arriver, elle se dirigea vers elle et la prit dans ses bras, tandis que je restai en retrait.
Mère Gui : Je suis contente que tu ais pu venir
Annick : Je n’aurais jamais pu manquer ça. Je suis vraiment désolé.
Mère Gui : Je sais
Annick : Comment vous vous sentez ?
Mère Gui : La vie me semble un peu moins belle d’un coup. Le réveil le matin est beaucoup plus compliqué, la maison plus silencieuse. C’était comme si une partie de moi s’en était allé
Annick : Si vous avez besoin de quoi que ce soit, n’hésitez surtout pas. Ma mère n’a pas pu venir  à cause d’un empêchement, mais elle vous transmet ses plus sincères condoléances et tout son soutien
Mère Gui : Tu la remercieras bien de ma part
Annick : Bien sur. Je voudrais vous présenter une amie, qui était avec nous, Chloé
Elle me fit un signe et je la rejoignis. Je m’avançai lentement, un peu mal à l’aise.
Moi : Bonjour madame.
Mère Gui : Ah oui, Chloé. Guillaume m’avait déjà parlé de toi. Tu es arrivé cette année n’est-ce pas ?
Moi : Oui. J’arrive d’Afrique du Sud
Mère Gui : Un très beau pays. En tout cas, je suis ravie de faire ta connaissance. J’avoue que ce n’est pas forcément le lieu et le moment de rencontrer une amie de mon fils, mais tout de même.
Moi : Je suis ravie aussi                          
Mère Gui : Ah, voilà Castiel !
Je me retournai, et vis en effet le rebelle qui arrivait vers nous. Lui aussi c’était habillé tout en noir, avec un simple jean, une chemise et son blouson. Quand il arriva, il fit la bise à la mère de Guillaume. Il la regarda dans les yeux, et lui fit un signe de tête comme pour lui présenter ses condoléances. Il me sembla qu’elle le remercia du regard. C’est sur qu’elle a du entendre ça en boucle. Ça devait être pénible à force. Nous restâmes là, à discuter un peu. Cela semblait faire du bien à cette mère qui avait perdu son fils bien trop tôt.
Puis, le père se mit devant l’entrée de l’église, et demanda le silence à toute l’assemblé. Les gens se tournèrent vers lui, et se turent.
Père Gui: Bonsoir à tous. Je tiens d’abord à vous remercier d’être venu si nombreux. Ça nous touche de voir que vous êtes là pour nous soutenir dans cette épreuve. Si vous le voulez bien, nous commenceront par une minute de silence.
Il baissa la tête, et tout le monde fit de même. Le silence qui régnait sur cette place, était total. Pas une mouche ne volait. Il n‘y eut aucun toussotement, aucun petit bruit parasite. Même les voitures semblaient ne pas vouloir briser cet instant. J’eus une petite prière pour notre ami parti. Une fois la minute écoulée, le père de Guillaume reprit de nouveau la parole.
Père Gui : Merci. Comme vous vous en doutez, si nous sommes là, c’est pour adresser un dernier au revoir à notre fils, Guillaume. Il était parti à la montagne avec des amis, et était parti faire du snowboard. Et tout porte à croire, qu’il aurait été emporté par une avalanche, et qu’il aurait…péri. J’ai dit « aurait », parce qu’il n’a toujours pas été retrouvé, mais…ses…ses chances sont malheureusement minimes. Il…il est parti bien trop tôt. Il nous avait dit que son rêve, c’était de devenir un snowboarder professionnel. Il nous racontait souvent qu’il deviendrait célèbre et qu’il remporterait les Jeux Olympiques. Ça nous faisait rire moi et sa mère. Il faisait sembler de dévaler des pistes dans le salon, faisait l’avion pour montrer qu’il faisait des sauts. Mais au fond, nous étions persuadés qu’il y arriverait un jour. Petit, il courrait dans tout le quartier et disait à qui voulait bien l’entendre, qu’il battrait le record de monde de sauts en snowboard. Je me souviens qu’une fois, nous étions allés à un supermarché, mais que rapidement, nous l’avions perdu de vue. Puis soudain, nous entendîmes sa voix dans tout le supermarché. Haha, il s’était glissé derrière une caissière discrètement et c’était approprié le micro. Il nous avait fait une grosse frayeur, mais à la fin, nous avions bien rit quand nous entendîmes ce qu’il disait. Il adorait aussi venir derrière le comptoir de la boulangère de l’époque, Mme. Fleurette (il lui adressa un signe de la main) pour l’aider. À chaque personne à qui il tendait une baguette, il lui disait qu’il deviendrait un jour un champion.
Mme. Fleurette : J’ai bien cru qu’il allait faire fuir ma clientèle celui-là x)
Tous : (Rire)
Mme. Fleurette : Mais final, les gens achetaient des baguettes en plus juste pour l’entendre et pouvoir papoter avec lui. C’était ma petite mascotte.
Père Gui : Il vous aimait beaucoup. Il répétait même que vous étiez son sponsor officiel x). Halala, que de merveilleux. Pour ceux qui sont ici depuis un bon bout de temps déjà, vous avez surement dû croiser Guillaume à un moment ou un autre. Que ce soit bébé, quand il rameutait tout le quartier en pleine nuit, petit dans sa période où il clamait sur tous les toits son avenir, ou alors adolescent, quand il filait des coups de mains à tout le monde pour avoir un peu d’argent de poche. Mais malheureusement, la…la vie nous l’a retiré bien trop vite (verse une larme). Il n’a eu pas le temps d’accomplir son rêve. Le voir tous les jours faisaient notre bonheur, nous ne souhaitions rien de plus que son épanouissement. Il nous disait parfois que nous étions trop collants. Ceux qui ont des ados doivent comprendre de quoi je parle. Les phrases du genre « Oh lâche moi, je suis plus un gamin !». Ou encore « Maman ! Tu vas pas me prendre la main non plus ! ». Par chance, il n’a pas été un jeune trop turbulent. Sauf peut-être envers sa console. Il l’a fracassé contre le mur à cause d’une misérable partie perdue. Je peux vous dire que pour le coup, c’est moi qui ais pleuré et me suis énervé quand j’ai vu combien coûtait la nouvelle. Il nous rendait parfois un peu dingues, à parler beaucoup, vite et  de tout et n’importe quoi, mais nous l’aimions énormément, bien plus que nous-mêmes. Guillaume, si… si tu m’entends, j-jamais on ne t’oubliera. Tu restes notre fils unique, notre petit garçon qui rêvait de devenir champion. Mais pour moi…tu l’étais déjà. T’as pas battus de records du monde, mais t’as été le meilleur fils qu’on puisse rêver d’avoir. T’étais, et tu es pour toujours mon petit champion.
Il s’interrompit, débordé par l’émotion. Il peinait à retenir ses larmes, qui malgré lui, coulaient. Son discours avait été simple, sincère, et même drôle. Je venais une nouvelle facette de mon ami, qu’il n’avait que très peu dévoilé. Ce récit, me fit pleurer. C’était tellement tragique. En voyant ça, mon ami rouquin me prit la main, pour me réconforter. Il semblait ému, mais ne pleurait pas. Je serrais sa main forte, et lui adressai un léger sourire pour le remercier. La mère de Guillaume, elle, pleurait à chaudes larmes. Ces souvenirs d’un bonheur passé, l’avait submergée. Nicky, l’avait prise dans ses bras et tentait de la réconforter. Tout le monde dans l’assemblé semblait touché. Ceux qui avait connus Guillaume depuis qu’il était petit, se sentaient davantage concernés, et se reconnaissaient dans ce qu’avait dit le père de Guillaume. Beaucoup de personnes versaient des larmes. Chacun devait avoir plus ou moins des souvenirs avec le jeune homme.
Le père retourna vers sa femme et la pris dans ses bras. Ils restèrent ainsi de longs instants. Le temps semblait suspendu, plus rien ne bougeait. Puis finalement, ils se relâchèrent, et le mari embrassa sa femme sur le front et sécha ses larmes. Il se dirigea ensuite vers l’entrée, où il y avait une grande boîte contenant plein de bougies. Il y eut une sorte de chaîne qui se forma instantanément, et on distribua des bougies à tout le monde. Quand chacun en eut une, le père alluma grâce à un briquet sa bougie, et alluma la bougie de son voisin, qui alluma celle de son voisin et ainsi de suite. Puis, tout le monde se rapprocha de l’entrée, où avait été posé la planche de snow de notre ami. La mère fendit la foule, et vint se placer près de son mari au premier rang. La nuit commençait déjà à tomber et il faisait sombre. Doucement, le couple commença à chanter une chanson. Puis petit à petit, tous ceux qui connaissaient la chanson les suivirent. Je ne saurais pas vous dire le titre, mais c’était assez connu. Tout le monde chantait à l’unisson, d’une même voix, d’un même cœur. Quand la chanson fut finie, il y eut un grand silence. Nous profitâmes de cet instant pour rendre hommage à Guillaume. Il me sembla qu’il était près de moi et que je pouvais encore entendre ses éclats de rire. Il semblait parmi nous. Puis, quelqu’un fendit la foule, et alla poser au pied de la planche, une rose. Il s’agissait de Mme. Fleurette. Elle adressa un léger sourire à la famille, avant de se retirer. Les gens se succédèrent pour aller poser leurs cadeaux. Des fleurs, des bougies, des peluches, des photos de Guillaume. Cette procession dura jusqu’à ce qu’il fit totalement noir. Alors, petit à petit, les gens rentrèrent chez eux. Doucement, la place de l’église se vida.
Nous restâmes un bon moment, puis je dus rentrer, sinon mes parents allaient se faire du souci. Je dis au revoir à Nicky. Je m’apprêtais à faire de même avec Castiel, mais celui-ci me dit qu’il rentrait aussi. Nous fîmes donc le chemin du retour ensemble. Nous n’échangeâmes pas une seule parole. Nous étions toujours dans cet état de recueillement. Quand nous arrivâmes une quinzaine de minutes plus tard devant nos maisons, nous nous tournèrent l’un vers l’autre. Nous restâmes quelques instants à nous regarder, avant que je me décide à parler.
Moi : Bonne nuit Castiel
Castiel : Bonne nuit Chloé
Je lui souris avant de faire demi-tour et de rentrer chez moi. Lorsque je pénétrai à l’intérieur, je fus heureuse de me retrouver au chaud, car il faisait horriblement froid dehors. Ma mère vint vers moi. Elle dut voir sur mon visage que cette soirée avait été remplie d’émotions.
Maman : Ça va aller ?
Moi : Oui. Là bas, j’ai…j’ai eu l’impression qu’il était là. Il a été un super ami, et je ne l’oublierai pas. Mais maintenant…je.... je crois que c’est l’heure de tourner la page.
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Coucou tout le monde! J'espère que ce chapitre vous a plu^^
Cette soirée commémorative, forte en émotion, a permis à nos amis de faire le deuil en communauté, et par la même occasion, d'en apprendre un peu plus sur leur ami disparu. Mais que va-t-il se passer maintenant? Suite au prochain épisode
Bisous tout le monde <3
 

 

Publié dans Saison 2

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Commenter cet article

Laptitebakayandere 11/07/2016 19:16

C t magnifique ni plus ni moins MAGNIFIQUE g pleurer pendant tout le chapitre comme tous le monde je pense... il vas nous manquer notre p'tit guigui mais comme le dit si bien ce chapitre il est temps de tourner la page ❤

Laptitebakayandere 27/07/2016 02:40

Oooh que oui ╥﹏╥ (╯3╰)

Castiel- Chloé fiction AS 11/07/2016 21:19

Merci beaucoup^^ C'est sur qu'il va nous manquer

Ardnalyl 29/04/2016 23:33

J'ai pleuré aussi tellement c'etait triste . Gui' va tellement me manquer. Je suis super presser pour la suite . Et je sais que je le dit encore une fois mais tu ecrit trop bien !!!!!!
Je vois rarement des fiction aussi bien faite et pleine d'emotion .

Castiel- Chloé fiction AS 01/05/2016 11:40

Oui, il va nous manquer à tous :/ Merci beaucoup!!!! ^^

Saeko 27/04/2016 20:55

Tristesse et désespoir dans ce chapitre :/ C'est triste il va me manquer , donc tu peux peux être le ressuciter hein ? Sinon super bien écrit :D j'attends la suite avec impatiente !!
Bisee

Castiel- Chloé fiction AS 27/04/2016 21:22

Non désolé, je ne peux pas :/ Merci ^^ bisous

Akinaru 25/04/2016 20:31

Salut . Encore une fois ton chapitre très émouvant. Je trouve que le discours du père est très réaliste et émouvant.j'ai même lâché une larme . C estTrès très bien réussi,un grand bravo comme d habitude. Espérons une suite plus joyeuse pour ce petit groupe et beaucoup de courage a louise. salut ;)

Castiel- Chloé fiction AS 25/04/2016 21:14

Salut ! Merci beaucoup ^^ oui ne t'inquiète pas. Bye ;)

Marie 24/04/2016 23:26

Steuplait dit moi qu'il est pas vraiment mort mon petit guigui !!!! :'(

Castiel- Chloé fiction AS 25/04/2016 21:13

Si désolé :/

Marion Brunet 24/04/2016 22:54

Ce chapitre a était vraiment fort en émotion, j'ai pas peux m'empêcher de pleurer... A vrai dire sa vas faire un trou dans l'histoire, la mort de Guillaume qui l'aurait cru? Il vas vraiment me manquer celui la! J'espère que notre bande d'amis arrivera tout de même a faire le deuil de la perte de leur ami! J'espère aussi que Louise s'en remettra... Et puis avec tous ses rebondissements, le futur couple Castiel/Chloé a était un peu délaisser... J'attend d'la suite avec impatience! Avec tout mon soutien! BSX

Castiel- Chloé fiction AS 25/04/2016 21:13

Oui c'est vrai que ça va faire un vide...mais ne t'inquiète pas pour Castiel et Chloé, ça ne va pas tarder à bouger.... ^^ bisous ;)

Sandra 24/04/2016 21:55

Il est vraiment mort

Castiel- Chloé fiction AS 25/04/2016 21:10

Oui :/

LunaTauri 24/04/2016 19:16

Super chapitre, j'ai failli pleurer quand le père de Guillaume faisait le discours, Guillaume va tous nous manquer, sinon j'attends la suite avec impatience ^^

Castiel- Chloé fiction AS 24/04/2016 20:32

Merci ^^ oui c'est vrai, ce sera pas pareille sans lui

Olivia 24/04/2016 19:05

Nooooooooooon c'est pas possible qu'il meurt !!!!

Castiel- Chloé fiction AS 24/04/2016 20:29

Si désolé :/

Daniela 24/04/2016 18:58

Bravo ;-( bom il feux tourne la page ok bon . Très bon chapitre ps : povure luise faite que elle retonde amoureuse lais de mais haha ;') quoi il feux tourne la page nan ban moi je le fais a dimanche chloé et castie <3
; -(

Daniela 24/04/2016 19:51

J'ai écrit de la merde dsl